Un peu d’histoire …

 

Nous sommes à Liège (Belgique) en 1968 …

 

L’Abbé Claude Germeau, alors jeune Vicaire  de paroisse  à l’Eglise Sainte Marie des Anges, dans le quartier de Fragnée, remarque sur la place quelques jeunes, assis  sur le dos d’un banc, en train de manger leurs frites. Leur allure semble plutôt rebelle, blousons de cuirs et cheveux longs …

L’Abbé décide d’aller vers eux et  leur propose de le suivre dans son presbytère. Le temps est maussade, le froid installé, ils seront  certainement mieux  au chaud  autour d’une  bonne tasse de café à discuter.  Séduits par la gentillesse  simple et fraternelle du jeune vicaire, les jeunes acceptent et le suivent avec enthousiasme. 

Les discussions s’engagent, les échanges commencent, ils reviennent le lendemain, puis le surlendemain, chaque jour un peu plus nombreux. L’Abbé  Germeau est loin de se douter à ce moment là qu’une grande aventure humaine est en train de se mettre en place !

 

 

Ils prennent alors l’habitude de se rassembler au premier étage du presbytère. Là, ils  trouvent à leur disposition une pièce équipée d’une table, de quelques chaises et d’un tourne disques. Mois après mois, la fréquentation quotidienne augmente, l’Abbé Germeau reçoit entre temps la maison voisine. Les jeunes décident alors de l’aménager eux même …  Ainsi naît le Foyer.

 

Le Foyer est d’abord simplement ouvert après 16h, pour que les jeunes habitués puissent s’y retrouver après leurs heures de cours.  Les horaires s’étendent au temps de midi, puis finalement dès 7 heures le matin et ce, afin d’accueillir les jeunes avant leurs cours dans les écoles avoisinantes. Au rez de chaussée de la maison, on y trouve un Kicker ( = baby foot ) , un tourne-disques, des jeux de société, une cuisine où l’on peut  prendre du café. A l’étage, il ya par la suite une table de ping-pong et une télévision.

 

 

1973 …

 

Le Foyer prend la forme d’une ASBL (Association Sans But Lucratif, enregistrée au Moniteur Belge sous le numéro 0413 933 345) afin de pouvoir s’organiser de façon plus juridique et  de percevoir ainsi les dons provenant de part et d’autre. Ces dons vont permettre  l’entretien et  le bon fonctionnement du foyer ainsi que l’aide accordée à tous ces jeunes.

 

Les jeunes fréquentant le foyer ne  proviennent pas de la paroisse, mais sont inscrits dans les écoles avoisinantes (dont l’école professionnelle toute proche). Il en vient de toutes parts, de la ville, des faubourgs, de la campagne, et cela ne se limite pas seulement aux jeunes scolarisés puisque le foyer se voit également accueillir des travailleurs, des apprentis, des chômeurs, des militaires,  tous en proie à se sérieuses difficultés  familiales et sociales : parents séparés, cellule familiale éclatée, dispute, manque d’affection, d’écoute, de repères.

 

Sauf quelques exceptions, aucun d’entre eux ne loge au Foyer. Les jeunes s’y rendent tout au long de la journée en fonction de leurs envies, ils y font leurs devoirs, discutent, viennent se confier, échangent leurs points de vues, partagent des moments de détente, tout simplement. L’Abbé Germeau est là pour les écouter, et surtout pour les aimer.

 

 

Devant la requête des jeunes, l’Abbé Germeau met en place une cotisation pour participer aux frais du foyer. Celle – ci va lui permettre de connaître précisément le nombre de jeunes qui sont accueillis sur l’année.

 

Pour mémoire :

le 21 mars 1972: 86 jeunes,

le 6 novembre 1973: 93 jeunes,

le 14 janvier 1975: 117 jeunes,

le 3 octobre 1975: 102 jeunes.

Dans l'année scolaire 1978-79, le Foyer a accueilli 1248 jeunes: 860 anciens et 388 nouveaux.

Les relations qui se développent au sein du Foyer sont chaleureuses, l’esprit est fraternel et solidaire.

Cependant, les années passent et les problèmes affichés deviennent de plus en plus conséquents. Beaucoup de violence, de délinquance, mais aussi l’alcoolisme, la toxicomanie et beaucoup plus grave : le suicide …

1983 …

Le Foyer déménage et s’installe dans la banlieue de Liège, à Herstal.

L’Abbé  Germeau poursuit sa mission en accueillant encore et toujours ces jeunes provenant d’horizons différents, certains plus sensibles que d’autres... Tous méritant une attention particulière.  De belles amitiés se nouent, pour quelques uns, c’est le point de départ d’une nouvelle vie, grâce à la persévérance et le courage de chacun, les lendemains deviennent promesses de belles réussites, professionnelles comme familiales. D’autres ont moins de chance  et poursuivent leur existence entre épreuves et échecs. Confronté quotidiennement à la délinquance, la toxicomanie et la criminalité, l’Abbé  se retrouve  le plus souvent dans de tels moments,  bien seul et incompris.

Hiver 2003 …

L’Abbé Germeau rencontre un jeune français qui se présente au Foyer en compagnie d’un habitué.  Il est athée et arrivé depuis peu en Belgique. La précarité de sa situation pousse l’Abbé à lui proposer l’hébergement au Foyer, en attendant qu’il puisse remettre sa vie en ordre.

Jérémie fait donc connaissance avec cet univers de spiritualité et d’amour. Lui qui ne pratiquait aucune religion, lui qui ne connaissait pas Dieu, qui n’avait sans doute jamais songé à lui parler. C’est une révélation ! C’est LA réponse à toutes les questions qu’il s’était posé jusqu’alors.  Il est frappé par l’œuvre de l’Abbé, il comprend enfin la finalité de son existence : « servir le Christ et rendre à mes semblables tout l’amour que Lui a su me donner, nous donner ».

C’est ainsi qu’il décide de se convertir au Christ et embrasse  la foi Catholique. En 2005, il prononce ses Premiers Voeux de religieux au sein du Foyer. Il assiste depuis lors l'Abbé dans son ministère auprès des jeunes.

L’année 2005 est un tournant dans l’histoire du Foyer.

Face à la  présence quasi incessante de la délinquance, de l’insécurité et de la violence, le foyer ne peut plus continuer de fonctionner sous sa forme initiale, l’ASBL décide alors de fermer l’accueil.

 

Ce sont les jeunes eux mêmes qui demandent à ce que l’esprit même du Foyer ne disparaisse pas, et c’est pourquoi l’Abbé Germeau et le Petit Frère Jérémie Marie de l’Eucharistie décident de poursuivre l’action du Foyer, mais sous une toute autre forme.

 

En effet, c’est  désormais à eux d’aller directement à la rencontre de cette jeunesse et de son mal être.

Depuis Janvier 2005, 2 à 3 après midi par semaine,  pendant que l’Abbé Germeau se rend à l’Eglise pour  le soutenir de sa fervente prière, le Frère Jérémie-Marie lui, investit  le quartier de Liège  appelé « Le Carré ». Quartier hautement  pittoresque, tant par son architecture que par sa fréquentation. C’est là, dans toute une lignée de petits bars, que se regroupe la jeunesse de Liège et de ses environs, tendance BCBG, gothique, rock,…, il y en a pour tous les goûts et nombreux sont ces jeunes cherchant dans l’alcool et la drogue  l’oubli, le réconfort, l’évasion …

Le chantier est donc conséquent pour le Frère Jérémie-Marie.  Aller directement à la rencontre des jeunes pour les écouter, les conseiller, mais aussi et surtout témoigner se sa foi et  de l’amour inconditionnel du Christ, celui là même qui peut  les aider et les tourner vers un autre chemin de vie …

 

 

 

Le Foyer est essentiellement une oeuvre religieuse, sous le patronage de Sainte Thérèse de Lisieux et du Bienheureux Charles de Foucauld.

 

Il repose sur 3 axes:

L'EUCHARISTIE: célébration et contemplation quotidienne du Christ présent dans le Saint-Sacrement, Coeur du Foyer,

LA VIE A NAZARETH: une vie dépouillée, d'enfouissement et d'immolation, à la suite de Jésus qui a vécu trente ans dans l'ombre, à Nazareth,

LA MISSION: témoigner du Christ auprès des personnes qui ne Le connaissent pas.

L'Abbé Germeau et le Frère Jérémie-Marie de l'Eucharistie unissent ainsi la vie contemplative et la vie apostolique, sous la conduite de la vie et des enseignements du Bienheureux Charles de Jésus.

Le Foyer n'est pas une institution subventionnée par l'Etat Belge, il n'a d'autres subsides que la générosité des gens. Il n'existe que par le secours de la Divine Providence et votre générosité !

Merci à toutes les personnes, connues ou anonymes, qui nous ont aidé, par leur générosité, leur prière et leur solidarité, durant ces nombreuses années à sauver tous ces jeunes !